24/01/2012
VISITE PRESIDENTIELLE : Nicolas Sarkozy inaugure officiellement l’Aéroport International Cayenne-Félix Eboué
Moins d’une semaine après la visite de François Hollande en Guyane, le chef de l’Etat Nicolas Sarkozy a choisi notre département pour présenter ses vœux 2012 à l’Outre-mer. La veille de son discours aux Ultramarins au Zéphyr, il a inauguré l’Aéroport International Cayenne-Félix Eboué. En rebaptisant l’Aéroport de Rochambeau « Cayenne-Félix Eboué », la nation rend hommage à l’un des plus Grands Hommes de l’Histoire.
Dans un hall archi-comble aménagé pour la circonstance, le président de la République, accompagné d’une délégation ministérielle et d’élus locaux dont les parlementaires, les maires et présidents des collectivités territoriales Alain Tien-Liong et Rodolphe Alexandre, le fils du gouverneur-général Charles Eboué et les représentants du Cercle Félix Eboué, a rendu hommage au Gouverneur général. « Vous avez souhaité rebaptiser l’Aéroport de Cayenne en lui donnant le nom de Félix Eboué. Vous ne pouviez faire un meilleur choix car le nom de Félix Eboué mérite de rester gravé non seulement dans les mémoires guyanaises mais aussi dans celles de tous les Français.
Il a dressé le parcours de cette figure emblématique de la Résistance, « Il naît à Cayenne le 26 décembre 1884 d’un père orpailleur et d’une mère épicière. De ce père, il hérita pour la vie l’attrait des grands espaces, l’envie f
réquente de s’évader de son bureau, le goût de la liberté, le rejet du conformisme. En 1908, il est élève-administrateur des colonies, lui le fils de l’orpailleur, le petit-fils d’esclave, part pour la Métropole comme lauréat du Concours des bourses. Il entre au lycée Montaigne à Bordeaux. Après son bac, il s’inscrit à la faculté de droit de Paris, passe sa licence, entre à l’Ecole coloniale. En 1908, il est élève-administrateur des Colonies. Il part pour l’Afrique où il passa trente années de sa vie. C’est en 1930 qu’il assure l’intérim du gouverneur de la Martinique. Sur cette île, l’enfant de Guyane se fera respecter par les Martiniquais grâce à ses qualités de cœur et d’intelligence.
En 1936, après un passage par le Soudan, il est nommé gouverneur de la Guadeloupe. La République s’honore de cette nomination au rang le plus haut de l’Administration coloniale sur le seul critère du mérite. En 1938, il quitte les Antilles pour devenir gouverneur du Tchad et entre dans l’Histoire. Car c’est sur cette terre africaine que son destin va s’accomplir. Le 12 novembre 1940, il est nommé gouverneur général de toute l’Afrique équatoriale française. Le 29 janvier 1941, le général de Gaulle le fait Compagnon de la libération. En janvier 1944, il organise la Conférence de Brazzaville. Le discours que le général de Gaulle y prononce s’inspire largement des idées de Félix Éboué : « En Afrique française, déclare le général de Gaulle, comme dans tous les autres territoires où des hommes vivent sous notre drapeau, il n’y aurait aucun progrès qui soit un progrès si les hommes, sur leur terre natale, n’en profitaient pas moralement et matériellement, s’ils ne pouvaient s’élever peu à peu jusqu’au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. C’est le devoir de la France de faire en sorte qu’il en soit ainsi ».
Félix Éboué ne savait pas à quel point cette conférence qu’il avait tant voulue allait marquer le début d’une ère nouvelle pour l’Afrique. En ce mois de janvier 1944, une page nouvelle de l’Histoire africaine commence à s’écrire. Le sort l’empêchera de la connaître. Il meurt au Caire où il est parti se reposer, le 17 mai 1944, quelques jours avant le débarquement allié sur les plages de Normandie. Il n’aura pas eu la joie de voir la libération de la France, ni la départementalisation des Antilles, ni l’émancipation de l’Afrique. Depuis le 20 mai 1949, il repose au Panthéon, aux côtés de Victor Schœlcher ».
Au final, Nicolas Sarkozy a terminé son allocution par ce célèbre discours « Jouer le jeu » prononcé par Félix Eboué, gouverneur de la Guadeloupe et dépendances le 1er juillet 1937 lors de la distribution des Prix du lycée Carnot à Point-à-Pitre, avant de dévoiler le Totem érigé en hommage à Félix Eboué
Sylvio.Polonie