C’est mercredi 3 mars qu’a été inauguré le premier centre de Planification et d’Education Familiale de Guyane. Ouvert depuis septembre 2009, cette structure est un lieu d’écoute pour les femmes et les familles, à chaque étape de la vie.
Depuis 2006, l’action sur la Protection Maternelle et Infantile (PMI) est inscrite dans le plan triennal 2006-2008 du Conseil général. Quatre ans après, celui-ci se concrétise par la mise en place d’un Centre de Planning Familial (CPEF).
La structure a donc ouvert ses portes depuis septembre 2009. Antérieurement à cette date, c’est le Centre Hospitalier Andrée Rosemon qui assurait, par le biais d’une convention, les différentes activités.
Apporter dans un même lieu toutes les réponses dont les femmes et les familles ont besoin de façon anonyme et gratuite, c’est l’un des principaux objectifs du CPEF.
Situé dans l’immeuble départemental rue Digue Ronjon à Cayenne, le CPEF répond, au-delà de ses missions, aux enjeux politiques de la collectivité : être le centre référent en matière d’éducation et de planification familiale sur tout le territoire.
Présent dans les communes isolées
La santé et le social étant le cœur de métier du Conseil général, c’est pourquoi il souhaite être présent particulièrement dans les communes isolées. Dans ce cadre des sages-femmes ont été recrutées pour les communes de Maripasoula, Grand-Santi, Apatou, Iracoubo, Saint-Georges et bientôt Mana. Parmi leurs missions essentielles, elles assureront l’information et l’éducation à la sexualité chez les adolescents et la promotion de la contraception pour les femmes. Ces actions de préventions sont également menées dans les collèges.
Le CPEF en chiffres
Une équipe de professionnels composée de cinq personnes (1 médecin gynécologue obstétricien (Nadia Thomas) , 1 conseillère Conjugale et Familiale (Guylaine Vernet), 2 infirmières Diplômée d’Etat et secrétaire et 1 agent d’entretien) œuvre quotidiennement auprès des publics très demandeurs. En effet, en 2008, selon les PMI départementales, 4491 consultations
Le centre est doté de nouveau matériel dont un échographe. Les équipements représentent une somme globale d’environ 33 000 €. Les locaux ont été entièrement rénovés par les agents du Centre d’intervention Technique (CIT) de Cayenne. Ces travaux sont estimés à 600 000 €.
Selon le Docteur Pascal Bruncher, Médecin chef de PMI, « le CPEF est en capacité de répondre aux besoins de la population ». Cependant, le Département est conscient des efforts supplémentaires qu’il faudra entreprendre à moyen terme. Aussi le président du Conseil général Alain Tien-Liong souhaite « travailler en partenariat et en transversalité avec les autres acteurs ». D’où la nécessité de « clarifier les champs d’actions des différents partenaires du Département ». Car, « la collectivité doit se fixer sur ses obligations légales », concluait-il.
Les missions du CPEF sont définies par les articles R.2311-7, L.2311-1 à L.2311-6, L.2212-2 du code de la Santé publique. Celles-ci concernent les consultations médicales, la délivrance de médicaments, objets ou produits contraceptifs ; l’information et les actions individuelles et collectives de prévention portant sur la sexualité et l’éducation familiale : des entretiens de conseil conjugal et familial et ceux préalables à l’IVG ; la pratique d’interruptions volontaires de grossesse par voie médicamenteuse ; le dépistage et le traitement des infections sexuellement transmissibles. Missions qui ont du sens comparativement à la jeunesse de la population guyanaise notamment et à son taux de natalité. En 2008 par exemple, 7,9% des accouchées étaient des mineures. Du fait également du fort taux d’IVG chez ce jeune public (34,7 pour 1000 mineures contre 12,3 en France Métropolitaine). Deux autres facteurs compliquent les efforts fournis par le Département : la faible densité médicale sur le territoire et les conditions socio-économiques difficiles des populations en grande précarité.
Reine Azor-Plenet