Cégéo le S.I.G du 973
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Archives départementales

Atelier de reliure et de restauration


Les problèmes de conservation préventive et de restauration du patrimoine écrit sont de plus en plus d’actualité et se posent avec une acuité réelle pour les centres d’archives, et plus particulièrement en Guyane où nous connaissons des conditions climatique (hygrométrie et température) particulièrement éprouvantes pour les documents, conjuguées à une forte présence d’insectes et autres nuisibles.
Les progrès réalisés depuis une quarantaine d’années dans le domaine de la restauration des papiers son spectaculaires et se poursuivent régulièrement.
L’une des missions d’un service d’archives est de maintenir les documents qu’il a la charge de conserver dans un état tel qu’ils puissent toujours être disponibles pour les chercheurs, tant présents qu’à venir. Pour cette raison, les Archives départementales de la Guyane sont équipées d’un atelier de reliure et de restauration.


Les principes de la restauration
Bien que le restaurateur d’un service d’archives ne doive jamais négliger la valeur artistique des documents selon leur nature (livre, plan, estampe, photographie, etc.), il n’envisage pas forcément leur restauration du même point de vue qu’un restaurateur privé. Il importe surtout de préserver l’intégrité des documents pour leur communication future aux chercheurs. Aussi, l’atelier de restauration des Archives départementales de la Guyane s’efforce t-il de respecter quatre principes :
respect des techniques anciennes dans la mesure où elles sont compatibles avec l’état du document et la fréquence des communications à prévoir. Les documents témoins de cette technique qui ont dû être démontés sont joints au document restauré ;
compatibilité des matériaux de restauration avec les matières anciennes dont ils ne doivent pas accélérer la dégradation ; ceci implique une parfaite neutralisation après l’emploi de produits chimiques ;
réversibilité : il faut pouvoir retirer entièrement un matériau de restauration si avec le temps il se révèle nocif ou si d’autres techniques s’avèrent plus satisfaisantes ;
sincérité de la restauration qui, tout en demeurant discrète, doit pouvoir être décelable.
 
Les causes de détérioration des documents
Avant d’entreprendre la restauration d’un document, il est nécessaire de déterminer la nature et les causes de sa détérioration.
Les dommages peuvent être attribués à quatre catégories de facteurs :
les animaux et micro-organismes : insectes, rongeurs, moisissures.
les facteurs naturels : sécheresse, humidité, chaleur, air marin, rayonnement (lumière solaire, lunaire ou artificielle), feu, eau.
les phénomènes physico-chimiques : acidité du papier et des encres, pollution de l’air, etc.
l’intervention humaine : mauvaises conditions de stockage et de manipulation, réparations mal faites, consultation en grand nombre, vandalisme, etc.
 
Le processus de restauration
Il est important de ne pas confondre restauration et simple consolidation. Tous les procédés de restauration sont relativement coûteux et exigent du temps et du personnel qualifié.
Il est plus dommageable de réparer un document sans le conseil d’un professionnel que de ne rien faire. Il faut absolument proscrire à tout prix le recollage de documents déchirés au moyen de rubans adhésifs vendus communément dans le commerce. En effet, ceux-ci se dessèchent progressivement, jaunissent et se détachent en emportant les écritures.
Quand un document entre dans notre atelier de restauration, une fiche technique est établie qui décrit l’état de détérioration du document et les traitements envisagés. Puis il est désacidifié si nécessaire. Les trous éventuels sont comblés, à la main ou au moyen d’une colmateuse.
Enfin, placé en sandwich dans deux feuilles de polyamide, il passe dans une presse chauffante. Ainsi consolidé, il peut être de nouveau manipulé.
 
Les travaux
Les travaux confiés à l’atelier de reliure et de restauration sont de nature variée. Ils vont de la reliure traditionnelle d’ouvrages, de périodiques, de registres d’archives, à la réparation courante d’usuels, en passant par la réfection complète de documents et d’ouvrages anciens et précieux.
Le service a également par le passé apporté son savoir-faire à d’autres collectivités et administrations, et a été appelé à intervenir sur d’autres supports que ceux rencontrés dans le patrimoine écrit, notamment l’emballage et la surveillance technique des fresques de Francis Lagrange à la chapelle de l’île Royale, le nettoyage de plusieurs toiles conservées au Musée départemental, la restauration du mobilier liturgique de l’église de Saül...

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